AOP / IGP

Bandeau salon de l'agriculture 2015

Un territoire , un savoir-faire : l’appellation d’origine

L’appellation d’origine se veut « alter mondialiste » ! Elle est la reconnaissance d’un terroir, d’une tradition, d’un goût identifié comme unique, bien loin de la mondialisation des produits standardisés. Ce n’est sans doute pas un hasard si le roquefort est le premier fromage à avoir eu son appellation d’origine en 1925. Il fête cette année au SIA  son 90ème anniversaire.

Comme l’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC), l’Appellation d’Origine Protégée (AOP) désigne « la dénomination d'un produit dont la production, la transformation et l'élaboration doivent avoir lieu dans une aire géographique déterminée avec un savoir-faire reconnu et constaté », selon le règlement du Conseil Européen du 20 mars 2006.

L’appellation d’origine est un signe distinctif pour faciliter la reconnaissance. Mais avant de reconnaître, il s’agit de protéger un nom, un produit des imitations. Pour mieux protéger, en 2009, l’AOP européenne s’est substituée à l’AOC nationale. Une façon de mieux défendre les spécificités et de lutter contre les contrefaçons à l’international. Une façon d’être mieux reconnu par les consommateurs aussi.

Aujourd’hui, l’appellation d’origine est aussi une reconnaissance recherchée par le producteur. Elle est le garant pour le consommateur d’une qualité identifiée. En Languedoc-Roussillon, c’est particulièrement vrai dans le vin. Sur l’ensemble des 245 000 hectares de vignes de la région, on dénombre 26 appellations d’origine. L’AOC Languedoc fête cette année ses 30 ans. Un bel âge qui a donné lieu, notamment, à l’avènement des appellations Pic Saint Loup et Terrasses du Larzac.

 

La reconnaissance d'un terroir

Douze années pour enfin obtenir un signe officiel de qualité (SIQO)… En 2003 c’est une récompense pour les producteurs de l’oignon doux des Cévennes, reconnu Appellation d’Origine Contrôlée. Une première étape avant la reconnaissance européenne 5 ans plus tard, avec l’obtention de l’Appellation d’Origine Protégée.  
Au départ, la Coopérative agricole Oignon doux des Cévennes c’est 30 producteurs, 1 salarié, une production de 500 T par an, et un chiffre d’affaires de 300 000 euros.

Dix ans après le passage en AOC, les retombées d’une telle reconnaissance de qualité sont manifestes : avec quelque 120 producteurs et 12 salariés, 2000 T produites par an et un chiffre d’affaires proche de 5 millions d’euros, l’oignon doux des Cévennes a gagné en notoriété en France comme à l’étranger. Sur le plan national, la Coopérative a renforcé ses parts de marché dans la grande distribution et le commerce de détail (+ 40 % en moyenne), mais elle a aussi conquis l’Europe du Nord -les Pays Scandinaves, la Suisse et le Royaume-Uni notamment. En 2013, l’export représente 10% des ventes de la Coopérative.
Une belle destinée pour cette culture traditionnelle made in « Causses Cévennes », un territoire reconnu au Patrimoine Mondial de l’Unesco.

Depuis les Pyrénées-Orientales, l’abricot rouge du Roussillon sera t-il lui aussi, poussé au décollage par sa distinction AOC / AOP ? Il lui aura fallu en tout cas, autant d’années que l’oignon doux des Cévennes pour obtenir le premier, l’AOC … Douze ans de bataille dont les arboriculteurs aimeraient récolter les fruits… Faire du volume, mais aussi préserver un terroir, un savoir-faire, voilà l’enjeu de la reconnaissance par un Signe officiel de qualité. Le dossier de l’abricot du Roussillon poursuit son chemin à l’INAO, l'Institut national de l'Origine et de la Qualité : en tant qu’AOC depuis l’année dernière, sa dénomination « Abricots rouges du Roussillon » est reconnue au niveau national. Son enregistrement et sa protection au niveau européen par la classification AOP sont en bonne voie.

Une bonne nouvelle donc, puisque ces signes officiels de qualité constituent une vraie rampe de lancement pour nos produits de terroir. Premier vignoble du monde par sa superficie, le Languedoc-Roussillon a pu faire rayonner ses vins sur les marchés internationaux, en autres grâce à ses nombreux IGP, AOC  et AOP, portés sous la bannière Sud de France. En 2012, 30 % des vins exportés par la région étaient des IGP (Indication géographique protégée).

 

Portraits de producteurs

Oignons doux des cévennes