Des économies plus complémentaires que concurrentes.

Canal du midi

Des économies plus complémentaires que concurrentes

Aéronautique d’un côté, tourisme de l’autre, vigne ici, céréales là. Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon ont développé des économies plus complémentaires que concurrentes. La recherche dans des domaines d'excellence et le numérique peuvent être sources de coopérations.

L’histoire et la géographie ont produit en Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon des économies différentes. L’une est tournée vers le ciel, l’autre vers la mer. L’industrie en Midi-Pyrénées est tirée par la filière aéronautique, ancrée à Toulouse depuis un siècle. Avec la construction spatiale, ce secteur emploie près de 80 000 salariés, la moitié de l’emploi industriel de Midi-Pyrénées. De son côté, le Languedoc-Roussillon déploie 220 kilomètres de façade littorale et se classe au troisième rang des régions touristiques françaises pour la clientèle française, au quatrième rang pour la clientèle étrangère¹. Le tourisme produit 15 % de la richesse régionale. Le Languedoc-Roussillon compte aussi deux ports, Sète et Port-la-Nouvelle, actuellement objets d’importants programmes d’investissement de la Région.

L’agriculture dessine elle aussi des paysages différents. En Midi-Pyrénées, les céréales couvrent 29 % de la surface cultivée. En Languedoc-Roussillon, c’est la vigne qui occupe 30 % de l’espace agricole.
Les deux régions disposent l’une et l’autre d’une filière agroalimentaire dynamique, avec des groupes de dimension internationale, comme Cémoi, Royal Canin ou Nestlé en Languedoc-Roussillon, Caves de Roquefort, Andros ou Euralis en Midi-Pyrénées.

Les deux régions se rejoignent par la puissance de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ensemble, elles totalisent 4 494 chercheurs, soit davantage que Paris-Saclay, premier pôle de recherche français (4 156 chercheurs). Autre point commun : la vitalité de la filière numérique, qui a valu à Toulouse et à Montpellier de figurer parmi les neuf métropoles labellisées “ French Tech ”.Les deux régions partagent également deux pôles de compétitivité : le pôle mondial Eau, basé à Montpellier, et le pôle Derbi (Développement des énergies renouvelables dans le bâtiment et l’industrie), ancré à Perpignan.

¹ En nombre de nuitées.

Lecture zen

En images

Les céréales - ici, près de Terraude, dans le Gers - couvrent près d'un tiers de la surface en Midi-Pyrénées

L'aéronautique représente la moitié de l'emploi industriel en Midi-Pyrénées

Collioure, l'un des joyeux touristiques du Languedoc-Roussillon

Le vignoble du Languedoc-Roussillon est le plus grand du monde

L'union des régions Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon - économies

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Repères

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Questions à...

Jean-Paul Laborie - WB FusionJean-Paul Laborie, Professeur des universités émérite d’aménagement et urbanisme, Toulouse Jean-Jaurès. Membre du Ceser Midi-Pyrénées.

Qu’est-ce qui distingue les deux régions du point de vue économique ?

Jean-Paul Laborie : Principalement leur organisation spatiale. En Midi-Pyrénées, on trouve une organisation économique très centrée sur le pôle toulousain et dominée par la puissance de l’ensemble spatial-aéronautique-systèmes embarqués construit autour d’Airbus. En Languedoc-Roussillon, le premier secteur industriel, l’agroalimentaire, est largement implanté hors de la capitale régionale.

Qu’est-ce qui les rapproche ?

J.-P. L : D’abord leur croissance démographique. Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon sont deux régions attractives, ce qui facilite les rapprochements. Ce sont aussi deux grandes régions universitaires qui mettent beaucoup de moyens dans le développement lié à la recherche et à l’innovation.

Où peuvent jouer les complémentarités ?

J.-P. L : Dans le domaine du tourisme, par exemple. Vaut-il mieux avoir des similitudes ou des différences pour coopérer ? Il est parfois plus facile de rapprocher des manques que de faire fonctionner ensemble des similitudes. Il y a aussi des coopérations possibles dans les activités liées à l’économie de la connaissance.

“ Les différences peuvent fonder des coopérations ”

Quel sera le premier chantier à mettre en œuvre ?

J.-P. L : Il faudra construire un projet de territoire pour donner une identité à cette nouvelle région. La géographie montre que le corridor languedocien et la vallée de la Garonne forment un “ isthme ” (un lien, ndlr) entre l’Atlantique et la Méditerranée. Affirmer l’existence de cet isthme européen peut être un moyen de penser la nouvelle région.

Lecture zen

Grandes lignes ferroviaires : un enjeu régional et européen

© sncf

Concernant les grandes lignes ferroviaires, la future région devra faire face à un double enjeu. Celui de la connexion à grande vitesse du territoire avec les grands axes européens, tout d'abord. Deux lignes font actuellement l'objet d'études ou de chantier : entre Paris et la Catalogne, le contournement Nîmes-Montpellier est en travaux et sera mis en service fin 2017 ; le maillon suivant, entre Montpellier et Perpignan, est à l'étude, la Région ayant obtenu que l'enquête publique ait lieu fin 2016. La ligne Bordeaux-Toulouse pourrait, quant à elle, voir ses travaux débuter en 2017 pour une mise en service vers 2024. L'autre enjeu concerne le lien entre les deux métropoles régionales, Montpellier et Toulouse, grâce à l'aménagement entre Toulouse et Narbonne. Il s'agit à la fois d'assurer les transports du quotidien par le TER et les Trains d'équilibre du territoire (TET), et d'améliorer la vitesse et le fret. Cinq scénarios feront prochainement l'objet d'un débat public.