"Union ne veut pas dire dilution"

Canal du midi

Entretien avec Damien Alary

La fusion des Régions est votée, la loi NOTRe (nouvelle organisation territoriale de la République) qui détermine les compétences des collectivités est, au moment où nous réalisons cette interview, en cours de discussion à l'Assemblée. Entretien avec Damien Alary.

Damien Alary

Dans quel état d'esprit abordez-vous cette nouvelle donne ?

Damien Alary : La loi NOTRe tout d'abord. La discussion autour de ce texte essentiel est, peut-être parce ce qu'il est plus technique, moins relayée par les media. Pourtant, il est tout aussi fondamental que la question de la fusion des Régions. Qui va faire quoi ? De quels moyens chaque niveau de collectivité va-t-il disposer pour assurer le développement de son territoire ? La loi NOTRe est un acte refondateur dont il faut mesurer qu'il pourra demain peser lourd dans le développement de notre pays.

La fusion maintenant. Je me suis battu comme vice-président aux côtés de Christian Bourquin, puis comme président, contre le projet de loi. Je suis républicain, la loi est votée, la fusion avec Midi-Pyrénées, l'union devrais-je dire, est entérinée, je mets désormais mon énergie à l'appliquer.

Avec comme fil rouge l'idée qu’union ne veut pas dire dilution ! On ne va pas diluer le Languedoc-Roussillon dans Midi-Pyrénées ! Le Languedoc-Roussillon, ce sont des populations, des cultures, une économie, des territoires, un patrimoine, des politiques mises en œuvre par l'institution régionale comme le train à 1 euro, LoRdi ou encore un volume d'investissements parmi les plus élevés de France, etc. Tout ça ne va pas disparaître du jour au lendemain. En tout cas je m'y emploie.

 

Vous avez rencontré Martin Malvy, le président de la Région Midi-Pyrénées et posé les bases du travail à engager pour le rapprochement des deux institutions. Où en êtes vous ?

Damien Alary : Nous nous sommes bien entendu revus depuis notre première rencontre officielle, à Collioure, le 29 décembre, et nos administrations commencent à travailler ensemble. Cette union est un travail technique et politique complexe. Techniquement, cette tâche est comparable à celle que peuvent connaître deux entreprises qui fusionnent. Après un inventaire des modes de gestion, des actions, des statuts des personnels, bref de tout ce qui fait la vie quotidienne des deux collectivités, il va falloir déterminer de nouveaux cadres, de nouvelles modalités … C’est un travail énorme. Nous savons qu'il prendra plusieurs années.

C’est aussi un travail sensible parce qu'il concerne des milliers de salariés, aujourd’hui inquiets. Les agents des deux collectivités se demandent s'ils vont devoir déménager, si leurs postes qui, parfois, sont en doublons entre les deux institutions, vont être supprimés… Je l'ai dit, je le redis : une de mes priorités sera, dans les prochains mois, d'apporter à nos collaborateurs toutes les garanties quant à leur avenir. Je sais que Martin Malvy partage cette vision.

 

Et sur le plan politique, où se situe la complexité que vous évoquez ?

Damien Alary : Je l'ai dit, il y aura obligatoirement un inventaire des politiques mises en œuvre par chacun des exécutifs et chacune des assemblées. Après les élections de décembre 2015, l'assemblée élue fera son travail d'assemblée en opérant les choix qu'elle estimera légitimes.

Mais une question se pose à nous, élus aux responsabilités, alors que nous abordons la première phase de notre union. Elle concerne notamment le développement économique, compétence majeure des Régions.

Cette question, c'est du changement d'échelle. Nous devons d'ores et déjà nous projeter dans ce que sera ce territoire nouveau. Quelles synergies pousser sur le plan économique ? De quoi ce nouveau territoire sera-t-il capable ? Comment faire en sorte que les atouts énormes de cette Région inédite se transforment en réussites, en emplois ? Nous avons un rendez-vous historique à ne pas manquer et pas de temps à perdre !