TOURISME

La plaisance noue des liens avec les terres

Voir l'image en grand Le port de la Grande-MotteHauts lieux du tourisme régional, les ports du littoral veulent tracer des itinéraires “terre-mer” pour partager les opportunités de la “croissance bleue”.

Les débuts de la nouvelle saison touristique du Languedoc-Roussillon sont prometteurs : les chiffres de fréquentation s’affichent en hausse sur le littoral, où se concentre 60 % du tourisme régional et 75 % des nuitées de l’hôtellerie de plein air*. Environ 15 millions de visiteurs, dont deux tiers d’étrangers, séjournent tous les ans en Languedoc-Roussillon, 4e région touristique française. L’intérêt est donc d’inciter les millions de touristes français et étrangers attirés par les ports et stations balnéaires à découvrir la qualité de vie et le patrimoine de l'intérieur des terres... Les ports de plaisance veulent jouer un rôle accru dans la création de ce lien : "La vision ancienne des ports de plaisance comme des parkings à bateaux a vécu. Aujourd’hui, ce sont des outils d’aménagement économique du territoire, clame Serge Paillarès, directeur du port de Saint-Cyprien dans les Pyrénées-Orientales et président de la Fédération Française des Ports de Plaisance et de l’Union des villes portuaires du Languedoc-Roussillon. L’approche terre-mer est indispensable." Des initiatives comme Odyssea, soutenues par la Région et l’Europe, s’attachent justement à tisser ces liens et des stations comme Gruissan, Port-Camargue, La Grande Motte, le Cap d’Agde, Saint-Cyprien et Banyuls, s’y sont engagées.
Les ports régionaux voudraient aussi résorber leurs listes d’attente. La quarantaine de structures d’accueil maritimes régionales propose environ 33 000 places (15 % de la capacité française). Les besoins sont de 3 500 et 4 000 places supplémentaires, confirme la préfecture de région. D’où la mise à l’étude de plusieurs projets de réaménagement, qui nécessiteront des investissements importants. Pour aider les gestionnaires de ports dans les bonnes pratiques d’aménagement et de développement durable, la Région et l’Union des Villes Portuaires du Languedoc-Roussillon ont, avec le concours de la Caisse des Dépôts, élaboré un outil très concret, la "Charte Sud de France Nautique". Enfin, la plaisance fait face à un défi, séduire de nouvelles clientèles et s’adapter aux nouveaux modes de consommation : la Région et la Fédération des Industries Nautiques accompagnent collectivement la filière régionale, avec l’aide des CCI, dans l’évolution de son offre.

* Les chiffres-clés du tourisme en Languedoc-Roussillon. Le tourisme urbain suit à 22 % et le tourisme rural à 18 %

 

+ d’infos :

Le portail régional du tourisme
L’Union régionale des villes portuaires
La Charte Sud de France Nautique, pour l'aménagement et le développement durable des ports de plaisance

En vidéo : Sud de France, Blessed by nature

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Le premier Sommet européen des ports de plaisance de Méditerranée

Quatre cents élus, experts et gestionnaires ont participé, mardi 19 mai au Corum de Montpellier, au premier Sommet européen des ports de plaisance et destinations portuaires de Méditerranée. Organisé par la Région, l’Union des Villes Portuaires du Languedoc-Roussillon et la Caisse des Dépôts, l’événement s’inscrit dans la "Croissance bleue" promue par l’Europe.

Au Corum de Montpellier, les participants ont découvert des stratégies, des outils et des chiffres. Une étude sur l’impact économique de la plaisance en Méditerranée a notamment précisé les enjeux. Globalement en Europe, le "tourisme bleu" (maritime, balnéaire et nautique) revendique 4  000 ports et 3,2 millions d’emplois. Avec 183 milliards d’euros de valeur ajoutée brute, c’est plus du tiers du produit brut de l’économie maritime. Deux tables rondes ont également abordé les ports de plaisance en tant qu’atouts économiques et touristiques des territoires, et comment les aménager en respectant l’environnement. Sont intervenus des élus de la Région et du Parlement de la Mer, des responsables de la Commission Européenne - qui promeut la "Croissance bleue" ou croissance durable dans les secteurs marin et maritime- , de la Fédération des Industries Nautiques, de la Caisse des Dépôts, de la Generalitat de Catalogne, de l’Association catalane des ports de plaisance et touristiques et du port catalan d’Estartit, de l’Association italienne des ports de plaisance Icomia Marinas Group et des sociétés BRL et Egis...

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Focus

Vers un schéma régional des dragages

Avec le schéma régional de dragage des ports, la Région lance l'une des actions impulsées par le Parlement de la Mer à la demande des gestionnaires des ports de plaisance. Les cabinets Saseg et Idra viennent d'être choisis par la Région (qui finance à 100 % cette opération de 115 000 €) pour mener une étude qui permettra des synergies et économies d'échelle. Pour chacun des ports du Languedoc-Roussillon, les besoins seront identifiés, les calendriers des travaux étudiés et les solutions de dragage, y compris les plus innovantes, recensées. Le dragage est un gros enjeu : le premier port de plaisance d'Europe, Port-Camargue, a d'ailleurs débuté en 2014 une opération expérimentale de dragage, soutenue par la Région et l'Europe.